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Rebeca
Tandis
que
Sérgio essayait sur son portable d'avertir le propriétaire de notre arrivée,
je regardai, démoralisée, le quartier défiler à la vitre. C'était trop désert.
C'était pour ça que
le prix était si
intéressant. Mais
je ne voulais pas habiter dans un endroit pareil, où il faudrait prendre la
voiture même pour aller acheter le pain! Je commençais à souhaiter tout
bas que
l'appartement ait des défauts
graves, inacceptables et
que
Sérgio ne soit pas tenté de l'acheter uniquement en raison du prix. Ce n'est
pas comme ça qu'on achète un appartement. Il faut s'armer de patience et de
persévérance.
Mais
la patience ne fait pas partie des nombreuses qualités de Sérgio. Nous
avions déjà tout
mis
au point pour passer les
premiers
mois de notre mariage dans un appartement
que
mon oncle nous prêterait, pourtant il ne semblait pas satisfait de cette
entente. Il voulait à tout prix trouver et acheter tout de suite le nôtre. Sérgio
n'aimait pas être redevable à qui
que
ce soit.
C'était vraiment un
amour de personne. Une perle rare, comme disait souvent ma mère. Mon père
aussi était satisfait de notre mariage. Sérgio était sérieux et
travailleur, il n'était ni buveur ni joueur et il se serait coupé en quatre
pour moi. Tous les mois, il m'envoyait des fleurs pour l'anniversaire de notre
première rencontre, il ne l'oubliait
jamais.
Mes
amies en mouraient de jalousie. Tout ce qu'elles voulaient, c'était trouver
un Sérgio pour se marier.
Nous venions d'acheter
des dollars pour notre lune de miel, une semaine à New York. Sérgio avait
d'abord choisi un voyage moins cher, car nous avions décidé d'acheter un
appartement. Seulement voilà: comme ils savaient que
j'en rêvais, mes
parents avaient fini par
nous faire cadeau des billets d'avion et de l'hôtel. J'étais ravie, je
mourai d'envie de connaître New York.
— C'est là
— dit Sérgio, qui vérifiait le numéro tout en garant la voiture.
L'immeuble n'était pas
si
horrible
que
ça,
mais
je n'arrivais pas à me
faire à l'absence quasi absolue de voisins. Un jeune homme qui attendait
devant le portail s'approcha de nous.
— Sérgio?
— Fernando? Enchanté! Et excusez-nous pour le retard. Il y avait des embouteillages partout, vous
savez ce
que
c'est. Je vous présente Rebeca, ma fiancée.
— Enchanté, Rebeca
— dit-il en
me
tendant la main.
Ensuite, il resta
là, à me
regarder, sans rien dire. Fernando avait l'air sympathique, honnête, c'était
quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance. Mais
est-ce
que
par
hasard...
Un bruit strident nous
fit tous sursauter. Le cri qui suivit encore plus.
— Personne ne
bouge!
Une voiture avait freiné
juste à côté de nous et un barbu en était descendu, une arme à la main.
— File-nous les
dollars, vite fait!
Mon Dieu! Ils nous
avaient suivis depuis le bureau
de change! Et maintenant? J'étais affolée, j'avais
les jambes en coton, je n'arrivais même pas à les implorer de tout emporter
et de s'en aller au plus vite. Et les rares personnes qui auraient pu nous
aider avaient tout bonnement disparu chez elles, en claquant la
porte.
— Où est le fric? Hé, mec,
tu
le dis
ou
quoi ?
—
menaça le bandit,
collant
son arme contre la tempe de Sérgio.
—
Mais
putain,
Rebeca, file-leur vite le fric!
— hurla-t-il, désespéré.
Je cherchais comme une
folle, sans arriver à le trouver. C'était un de ces sacs énormes et il était
toujours plein. En plus, j'avais
placé l'argent tout au fond et je tremblais de peur, je ne voulais pas mourir.
Le bandit n'arrêtait pas de
me
presser et, à bout de patience, il finit par
tirer mon sac de toutes ses forces. Comme je le
portais
en bandoulière, je fus entraînée avec et je faillis tomber à ses pieds.
Avant de pouvoir lui dire quoi
que
ce soit, je reçus un coup de poing.
— Tu
vas le lâcher, sale pétasse? Tu
mériterais
que
je te
descende!
Je sentis tout d'abord
une douleur aiguë, puis j'entendis des cris et des explosions. Un éclat
intense et blanc surgit juste devant moi et commença à vibrer. À partir
de là, je ne pus
plus rien entendre.
Fernando
Il en mettait un temps à
arriver ce Sérgio! Je voulais pouvoir partir
le plus tôt possible, la plage m'attendait et je n'
avais
que
les week-ends pour
me
divertir. Mais
aussi, à quoi bon faire paraître une petite annonce
si
je n'étais pas disponible pour montrer l'appartement?
Ou
alors je n'arriverais jamais
à le vendre. Mais
pour être rasoir, c'était rasoir. Les candidats travaillaient, eux aussi, et
ils ne voulaient visiter que
le samedi
ou
le dimanche.
Quelle idée j'avais eu
d'acheter l'appartement sur plan pour le revendre une fois prêt! Je me
demande où j'avais la tête. D'ailleurs, en y réfléchissant, je le sais.
Ana était arrivé à me convaincre que ce serait une très bonne affaire. C'était
l'une de mes meilleures amies, mais elle ne me donnait que des tuyaux crevés.
Quand ce n'était pas une de ces fêtes barbantes, c'était une nouvelle amie
qu'elle voulait me présenter. Tous les six mois, Ana essayait de me trouver
une copine, mais les liaisons ne duraient pas. Seulement voilà, elle ne
s'avouait pas vaincue. Elle disait qu'il fallait que j'aie quelqu'un, qu'elle
me connaissait depuis le collège et qu'elle savait que je n'étais pas
coureur. Pourquoi est-ce que ça ne marchait avec personne? Je n'en sais rien,
tout ce que je sais, c'est que ça me fatiguait, ça ne marchait pas, un point
c'est tout. Et, puisque c'était comme ça, je préférais rester seul.
Une voiture occupée par
un couple se gara. Je m'approchai d'eux pour leur demander:
— Sérgio?
— Fernando ? Enchanté
! Et excusez-nous pour le retard. Il y avait des embouteillages partout, vous
savez ce que c'est. Je vous présente Rebeca, ma fiancée, dit-il, gentiment.
—
Enchanté, Rebeca
— répondis-je, en lui serrant la main.
Quelle belle femme!
Enfin, pas si belle que ça, mais charmante, intéressante. C'est ce que je
dis: jamais Ana ne m'en présenterait une comme ça! C'est drôle, je serais
capable de jurer...
C'est alors qu'une
voiture s'arrêta, dans un crissement de pneus. Un type costaud en descendit
rapidement, un revolver braqué sur nous. Mon sang se glaça. Mon portefeuille
était plein d'argent, en plus de deux chéquiers et de toutes mes cartes de
crédit.
— Personne ne
bouge! File-nous les dollars, vite fait!
— cria le voleur, en
pointant son arme sur Sérgio et sur moi. Un autre était resté dans la
voiture et laissait tourner le moteur, prêt à fuir.
— Où est le fric? Hé, mec, tu le dis ou quoi?
Sérgio tarda à répondre
et il lui colla le revolver contre le visage. Tout ce que je me demandais, c'était
comment je réagirais lorsque ce serait à mon tour. Et il était évident que
Sérgio mourait de peur.
— Mais putain,
Rebeca, file-leur vite le fric!
Elle fouillait dans son
sac, sans le trouver. Ou elle faisait peut-être semblant? Si c'était ça,
quel courage! Ou plutôt, quelle folie! Il n'est pas recommandé de
plaisanter avec un bandit nerveux et armé. Pendant qu'elle cherchait, j'eus
quelques secondes pour penser et je commençai à croire que je serais épargné.
Les voleurs ne me regardaient pratiquement pas, c'était le couple qui les intéressait,
ils savaient qu'ils avaient des dollars sur eux. Je crois simplement que je me
trouvais au mauvais endroit au mauvais moment.
Le bandit finit par se
lasser d'attendre et tira sur le sac de toutes ses forces. Il faillit faire
tomber Rebeca. Je ne sais pas pourquoi, mais j'eus envie de la défendre.
Heureusement, je parvins à me contrôler. Toute tentative de réaction aurait
été bien moins une preuve de courage que de stupidité. Mais le bandit lui
asséna un coup de poing en pleine figure.
— Tu vas le lâcher,
sale pétasse? Tu mériterais que je te descende!
Avant que je ne m'en
rende compte, je m'étais jeté sur lui. Je crois que les premiers tirs qui
m'atteignirent partaient de la voiture, mais je suis sûr que les deux bandits
avaient tiré plusieurs fois. J'eus encore le temps de regarder autour de moi
et de voir Sérgio et Rebeca, à terre eux aussi, tandis que la voiture démarrait.
Puis, ne supportant plus la douleur, je perdis connaissance.
Sérgio
La vie n'est pas si
difficile qu'on le dit, c'est juste une question d'organisation. J'avais déjà
un bon emploi, un peu d'argent de côté et j'allais me marier avec Rebeca,
une femme belle, intelligente et de bonne famille. Mon avenir était tracé,
il me suffisait de laisser couler la vie.
Nous avions même un toit.
Un de ses oncles, que je connaissais à peine, nous avait prêté un
appartement spacieux, avec un box de garage. Sûrement mieux que celui que
j'aurais pu acheter sans m'endetter. J'avais tout prévu. D'abord, je ferais
tout pour que Rebeca adore l'appartement. Puis, je la convaincrais de demander
à son oncle de nous le vendre, à long terme et à bon prix. Son oncle
finirait par céder. Il était riche, et Rebeca étant la chouchoute de la
famille, ses désirs étaient des ordres. Mais il me fallait au moins préserver
les apparences, feindre que je cherchais un appartement. Et ce ne serait pas
difficile, il me suffisait de ne visiter avec Rebeca que ceux dont j'étais sûr
qu'ils ne lui plairaient pas.
C'est à peu près comme
ça que notre lune de miel nous fut offerte. Pendant un mois, je lui dis que
j'adorerais l'emmener à New York, que notre premier voyage à l'étranger
serait merveilleux. Puis, je fis machine arrière, alléguant que c'était le
moment d'économiser. Deux jours après, ses parents préférèrent payer à
voir leur fille malheureuse et nous offrirent le voyage. Sans frais de billets
ni d'hôtel, je pourrais couvrir Rebeca de beaux cadeaux. Et, en fin de compte,
je passerai pour responsable et généreux.
Nous venions de changer
notre argent en dollars et nous allions voir un appartement dans un quartier
éloigné, dont certaines rues n'étaient même pas goudronnées. Il n'y avait
aucune chance qu'il lui plaise. J'essayai de parler au propriétaire sur mon
portable, mais personne ne répondait. Je finis par y renoncer, nous étions
presque arrivés devant la porte.
— C'est là
— avisai-je, en garant la voiture.
À peine étions-nous
sortis de voiture qu'un jeune homme s'approcha.
— Sérgio?
— Fernando ? Enchanté
! Et excusez-nous du retard. Il y avait des embouteillages partout, vous savez
ce que c'est. Je vous présente Rebeca, ma fiancée.
— Enchanté, Rebeca
— dit-il, tandis qu'ils se serraient la main.
Ensuite, au lieu de se
tourner vers moi pour me parler, Fernando continua de regarder Rebeca,
fixement. Il ne manquait pas d'air! Je ne pus pourtant pas l'interrompre, car
une voiture, freinant brusquement, le fit pour moi. Nous nous retournâmes
tous juste à temps de voir un homme en descendre, l'arme au poing. Nom de
Dieu! C'était un braquage. Le voleur s'approcha en me visant à la poitrine.
— Personne ne
bouge! File-nous les dollars, vite fait!
Ils nous avaient suivis.
On était foutus. Il n'y avait rien à faire, le mieux, c'était de tout leur
laisser au plus vite.
— Où est le fric? Hé, mec, tu le dis ou quoi?
—
menaça le bandit, violent, me collant l'arme
contre l'oeil.
— Mais putain, Rebeca,
file-leur vite le fric! —
implorai-je.
Pourquoi mettait-elle si
longtemps? Pourquoi ne leur donnait-elle pas tout, une bonne fois? Suivant
le même raisonnement, le bandit essaya de lui arracher son sac en tirant
dessus et faillit la faire tomber. Puis il lui envoya un coup de poing en
pleine figure.
— Lâche ça, sale
pétasse! Tu mériterais que je te descende!
Je priais pour qu'il ne
la tue pas lorsque ce type, Fernando, essaya de s'enfuir et fut atteint par
deux coups de feu tirés par le voleur qui était resté dans la voiture.
Instinctivement, je fis un pas en avant et c'est à ce moment-là que l'autre
m'a tiré dessus. En m'écroulant, j'entendis encore les coups de feu, mais
peu après, il se fit un silence total. J'étais évanoui. Ou bien mort.
Je me relevai sans mal et
je vis arriver trois hommes. Il y avait une espèce d'énergie circulant dans
leurs corps. Est-ce que ce seraient des esprits? Je compris vite que non. Ils
étaient vivants et ils essayaient de retourner mon corps pour voir si je
respirais encore. Mais ce serait en vain, je le savais. J'étais mort. Mais je
n'avais mal nulle part et je n'étais pas désespéré. C'était comme si j'étais
émotionnellement anesthésié.
Je regardai autour de moi,
mi-curieux, mi-consterné. Rebeca et Fernando avaient aussi été assassinés,
la mare de sang ne laissait aucun doute. Les bandits avaient épuisé les
balles de leurs revolvers. Mais pourquoi, bon Dieu? Pourquoi ne s'étaient-ils
pas contentés d'emporter l'argent? Une ambulance ne tarda pas à arriver. C'était
bizarre de ne pas entendre les sirènes, ni les cris, ni les commentaires. Oui,
parce qu'une petite foule se formait déjà. Au moment de ma mort, au moins,
je serais célèbre.
Mais, si j'étais encore
là, où étaient donc Rebeca et Fernando? Je les cherchai près de là, sans
toutefois les trouver. En m'éloignant un peu du tumulte, je les vis, au loin.
Ils partaient. Jaloux, je les suivis et je me rendis compte que je n'avais
plus besoin de marcher. Je fluctuais.
— Rebeca!
—
criai-je, en m'approchant.
Ils ne m'entendirent pas.
Ou ils feignirent de ne pas m'entendre. Ils semblaient ébahis, drogués, hébétés.
— Rebeca!
—
répétai-je.
— Ce n'est pas la peine
—
dit quelqu'un derrière moi.
Me retournant, je vis un
homme d'un certain âge qui portait un habit de moine.
—
Qui êtes-vous?
— Un ami, je suis venu
vous aider.
— Alors, aidez-moi!
Elle s'en va, alors qu'elle devait bientôt se marier avec moi!
— Je ne crois pas.
Votre mariage aurait été annulé.
— Annulé ? Vous êtes
fou ou quoi? — lui demandai-je, en colère.
— Ils ont déjà été
mariés plusieurs fois. Ils ont aussi été père et fille, frère et soeur,
compagnons et amis intimes. Ils ont planté et cueilli ensemble, ils ont aimé
et souffert ensemble, ils ont construit ensemble, ils ont voyagé ensemble,
ils ont eu faim et soif ensemble, et c'est ensemble également qu'ils se sont
rassasiés au cours de grands festins. Ils ont eu des enfants, beaucoup
d'enfants. C'était inévitable, comprenez-le. Ce sont des âmes soeurs. Votre
vie était sur le point de changer.
— Comment pouvez-vous
en être aussi sûr ? — doutai-je, encore incrédule.
— Ce n'est pas aussi
rare que vous puissiez l'imaginer, je l'ai vu plus d'une fois. Et ç'aurait été
une chance que ça se passe avant le mariage. Si les rencontres d'âmes soeurs
peuvent inspirer les poètes, elles sont aussi capables de détruire des
foyers établis depuis des années.
— Une chance? Comment
ça, une chance? Je viens d'être assassiné!
J'étais indigné, mais
je n'attendis pas la réponse du moine. Rebeca et Fernando s'éloignaient de
plus en plus.
— Vous pouvez me
dire où ils vont?
— Ils vont parcourir le
monde à la recherche des endroits où ils ont vécu. Ils vont revoir côte à
côte leurs vies et leurs trajectoires. Et croyez-moi, ils auront beaucoup à
se dire. Retrouver une âme soeur à l'occasion d'une mort tragique, c'est
comme une récompense. La joie intense et les nombreux souvenirs permettent de
surmonter aisément la douleur récente. Mais maintenant, venez, il nous faut
partir aussi.
Il partit devant et je me
mis à le suivre. Bientôt, nous fluctuions rapidement au-dessus de la mer
bleue, près de la côte. Mais je n'arrivais pas à m'intéresser au paysage,
je ne pouvais pas me faire une raison. J'avais perdu ma vie toute tracée,
j'avais perdu mon emploi et mon argent. Même ma future femme m'avait abandonné
sans me dire adieu. Soudain, j'avais perdu le contrôle de tout.
—
Où est-ce que
vous m'emmenez?
— Sur une île.
— Une île ? Mais
quelle île?
— Vous connaissez Rome?
— Quoi?
J'allais répondre que
non, mais je sentis naître un doute en moi. Et j'avais beau essayer de me
convaincre que je n'avais jamais quitté le Brésil, une autre pensée
s'imposait, dominante. Si, je connaissais Rome, je connaissais très bien Rome.
Je me rappelai le cirque,
les banquets et les statues, les arcs et les coupoles. Je fermai alors les
yeux et d'autres détails refirent surface. Les toges, les tuniques et les
lances, les bains et les marchés où l'on vendait de tout. Je me souvenais
aussi des spectacles et de l'odeur âcre des gens du peuple dans les galeries.
Je me souvins ensuite d'une maison éloignée et de sa mosaïque à l'entrée.
Je me rappelai le patio et sa vasque de marbre. C'est alors que je me souvins
d'Antônia.
— Profitez-en
— dit le moine, interrompant le cours de mes pensées.
Un frisson me parcourut,
aussi aiguisé que le fil d'une épée. Anxieux, j'ouvris les yeux et je vis
une île, en face. Sur la plage, une seule personne m'attendait. Une émotion
incontrôlable me domina. Je me mis à pleurer convulsivement, des sanglots
sans larmes. J'éprouvais une joie inimaginable, pleine, complète, effrénée,
envoûtante, dévergondée. Le magnétisme entre nous était impressionnant,
inévitable. Plus rien n'avait d'importance. Tout ce que je voulais, c'était
revoir Antônia.
Toutefois, avant de me
rendre, je parvins encore à rassembler mes forces pour regarder le moine et
le remercier. Mais il était déjà loin, à m'adresser un geste d'adieu et un
sourire.
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