Editora
Novo Milênio
(Ao
Livro Técnico)
ISBN:
85-215-0899-9 172
pages
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Avant l’invention
de la poudre, le monde était régi
par
la loi du plus fort. Au plus léger malentendu, deux hommes pouvaient dégainer
leurs épées et lutter pour survivre. Il fallait alors courage, force et
sang-froid ou
c’était à la mort qu’il faudrait faire face
. Dans ce climat hostile, toute aide étant la bienvenue, les guerriers
portaient des amulettes à la ceinture. Une amulette efficace était capable de
rendre puissant ou
même invincible un guerrier moyen. Certaines leur étaient données
par
leurs épouses
ou
leurs maîtresses,
mais
d’autres étaient préparées et préservées
par
les sorciers.
Le bracelet est
l’une de ces amulettes.
Même dans la nuit des temps, l’homme devait déjà se poser des
questions: où vont les morts?
Vers
un ciel divin où ils reposeront pour l’éternité?
Ou
bien se réincarnent-ils pour assumer une nouvelle vie dans un nouveau corps?
S’ils se réincarnent,
que
font-ils entre
deux vies? Quelle est la durée de cet intervalle? Certains esprits doivent
retourner sur terre rapidement, alors
que
d’autres préfèrent ajourner ce retour le plus longtemps possible.
L’ange
est l’un de ces esprits.
Sans savoir au juste s’il est en fuite
ou
en quête de sa libération, Perácio raconte son histoire au cours de ces décennies
dans le monde
astral
, à veiller sur un bijou frappé d’une malédiction séculaire.
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Lorsque
le lecteur ouvre un livre
, la meilleure des choses qui puisse lui arriver, c'est justement d'avoir du mal
à le refermer, à interrompre sa lecture. C'est exactement ce qui se
passe
pour L'Ange et le Bracelet. Une fois entré dans l'histoire de Perácio, dans
sa solitude, dans son idée fixe de tenir une promesse faite il y a trois cent soixante ans,
le lecteur ne parvient plus à se séparer de ce roman surprenant. Surprendre le
lecteur est d'ailleurs une caractéristique de la narrative de l'auteur. Dans
ses deux autres
livres, L'éclat des oiseaux et La fenêtre entrouverte, il nous entraîne
vers
des lieux jamais
imaginés.
Carlos
Luz
a une façon très spéciale de parler de la spiritualité. Loin de tout prosélytisme
ou
didactisme, celle-ci devient récit. Elle fait partie de l'histoire, sans
toutefois en être la pierre d'angle. Car l'histoire est plus forte, innovatrice et extrêmement intéressante.
L'Ange
et le Bracelet est un roman qui peut être lu n'importe où, n'importe quand. Il
est si
prenant que
l'on se sent transporté dans une salle
vide. Plus rien n'existe que
vous et le
livre, que
vous soyez dans le métro, dans un club de gymnastique
ou
dans un salon où la télévision est branchée. Peu importe. L'histoire est
toujours plus
forte
et décidément plus surprenante que
tout autre chose.
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Voir
aussi
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L'auteur
nous transporte
au XVIIe siècle, cruellement sexuel et magique, pour revenir
ensuite au présent, suivant la même narrative incisive. Il tue un personnage
d'une seule phrase et c'est au même rythme
que
le lecteur dévore ses victimes. Il parle d'âmes soeurs de façon à la fois
subtile et précise. Le lecteur attend une rencontre qui se produit immédiatement
après, car ce qui compte dans ce
livre, tout comme dans la vie, c'est l'enchaînement des événements.
Carlos
Luz
laisse planer une
sorte
d'avertissement: il nous faut savoir très exactement ce
que
nous pouvons promettre à l'autre. Voilà de quoi il est question dans ce
livre. Perácio a fait une promesse qui semblait simple, mais
qui, par
une ironie du destin, devient impossible: il est assassiné. Il
passe
ensuite des siècles à errer sous forme d'esprit, pour essayer de tenir sa
promesse. Sa solitude, sa passivité, sa culpabilité et sa détermination sont à la fois
angoissantes et poétiques, ludiques. Nous ne savons pas ce qui va se passer ni
s'il atteindra son objectif;
mais
le fait est
que
nous devenons les complices de ce personnage si
tourmenté. Nous finissons
par
pencher pour lui!
L'Ange
et le Bracelet est le troisième et le plus brillant des romans de Carlos
Luz, un auteur qui, de plus en plus, trouve son style propre et révèle sa
croissante maturité d'écrivain. En tant
que
lectrice et admiratrice, je me
félicite de pouvoir participer à un moment aussi spécial et aussi illuminé
de sa trajectoire. Dans cette fonction, qui n'en est pas moins une mission:
celle d'écrire et de raconter des histoires... Et qui est certainement la
sienne à travers d'autres vies... d'autres temps...
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“J'étais au
comble de l'excitation en assistant cette scène, tout en imaginant quelle
serait la réaction de Gervase s'il revenait brusquement et qu'il trouve sa
femme dans le lit avec la servante. De temps en temps, les gens commentaient
que
certaines femmes faisaient ça,
mais
il y avait toujours quelqu'un pour dire
que
ça devait être désagréable, parce qu'il n'y avait rien à introduire. En
fait, à voir Bárbara, je ne pense pas que
"désagréable" soit le terme approprié. Le
volume
de ses cris et le rythme de sa respiration s'amplifièrent, jusqu'à ce que, n'y tenant plus, elle jouisse, profondément, violemment, comme je n'
avais
jamais
imaginé que
ce fût possible”.
“Quelques
minutes plus tard, il n'était toujours pas revenu à lui. Son corps
astral
s'était détaché de son corps physique, mais
il planait près de lui, exactement comme s'il dormait. Le bruit sec du coup
n'avait attiré l'attention de personne... Je
me
souvins soudain de la conséquence immédiate de la mort de Felipe: le bracelet
se retrouverait
entre
les mains irresponsables de Sandra! Et,
par
ricochet, pire encore, entre
celles de
Marcos! Peu après, une lumière éclatante envahit le salon,
me
faisant crier de peur. C'était un ange énorme et il entrait
par
la fenêtre”.
“Des
siècles durant, des hommes qui avaient fait de l'assassinat leur moyen de vie,
portèrent ce bracelet et en décuplèrent le pouvoir. C'étaient pour la
plupart des guerriers,
mais
il a aussi appartenu à une famille orientale de bourreaux. Les hommes de cette
famille ont fait rouler plus de dix mille têtes à eux seuls, sans
jamais
ôter le bracelet de leur poignet assassin. Personne ne sait au juste quand et
pour qui il a été fait
mais
c'est Caius Marius qui l'a emporté à Rome, de retour d'une campagne en
Afrique où il avait battu Jugurtha, le roi de Numidie, plus d'un siècle avant
la naissance du Christ. À Rome, le bracelet a aidé à faire couler le sang de
gladiateurs et d'esclaves. Puis il a disparu pendant mille ans, avant d'être
localisé sur le bras de Gengis Khan, lors de la
grande
victoire de 1214”.
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